19h00, ma main dans la sienne, nos pas nous guident dans toute la ville vers le lieu où nous allons dîner. Finalement nous irons manger dans ce restaurant gastronomique américain. Deux menus, une table à l'étage, une banquette, des rires, des pleurs, à nouveau des rires, des chansons qu'on aime pas, de la mayonnaise qui gicle sur mon gilet, des toilettes over-climatisées, une future grippe?
20h15, ma main dans la sienne, nos pas nous guident sur le port de Toulon où nous nous apprêtons à y manger une glace. Un défis s'impose à nous, comment manger une glace sur le port à cette heure-ci où les gens viennent de commencer l'apéritif et comment manger trois boules de glace à moins de 10¤ (chantilly +1¤).
20h40, ma main dans la sienne, nos pas nous guident vers le plus connu des supermarchés français, rendez-vous rayon surgelé, "on prend un pot ou deux pot de glaces?", suivi du rayon vaiselle, où nous prenons la cuillère issue de la même collection que d'habitude. "Nous informons notre aimable clientèle que le magasin va fermer dans 5 minutes, nous vous invitons donc à rejoindre les caisses de sortie, merci". ( "de rien" ). "Bon, je pense qu'un pot ça suffit, je vais être malade sinon".
21h00, ma main dans la sienne, nos pas nous guident vers la place du palais de justice en traversant en large et en travers la ville le pot de glace dans une main, et la cuillère dans une autre. Comment manger 500g de vanille-chocolat-cacao-sauce chocolat en marchant en moins d'une demi-heure.
21h30, assis sur le palais de justice, je lui offre mon parfum qui va l'accompagner pendant tout ce temps où elle sera de l'autre côté de la terre, Le Mâle de JP.Gauthier. Elle pleure, je pleure.
21h50, assis dans la voiture qui va nous séparer dans quelques minutes, je m'effondre dans la voiture, elle sert ma main si fort.
22h00, on sort de cette voiture, derniers baisers, derniers calins, derniers regards. "Tu te retournes pas quand je vais partir, car moi je n'aurai pas la force". Finalement la force était au rendez-vous. Je rentre dans la voiture, ne respire plus pour ne pas pleurer, je mords mes lèvres pour ne pas respirer, je sens déjà le sang se mêlant à ma salive, lunettes de soleil en pleine nuit, je sors de la voiture, rentre chez moi, jette toutes mes affaires dans ma chambre, me mets à la fenêtre, et vide tout ce que j'ai emmagasiné, on vient me consoler.
23h00, il me dit : "va dans le bar & oublit". Une bouteille de Jack Daniel's, un grand verre, je ne cesse de sentir l'alcool qui descend en moi, de celui qui nettoie mes plaies dans ma bouche à celui qui brûle dans mon foie. Je me jette à nouveau sur de la glace. Cette nuit je ne dormirai pas.